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Intervention de Georges Brédent au Congres des élus départementaux et régionaux de Guadeloupe

Posted By madeleine On 24 juin 2009 @ 18 h 01 min In Non classé | No Comments

Monsieur le président du Congres,
Monsieur le président du Conseil Regional,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
chers congressistes,
Mesdames et messieurs les personnalités invitées,

Il était plus que temps, que les guadeloupéens se retrouvent entre eux pour parler franchement, cartes sur table, et essayer de tracer les lignes de ce qu’il est convenu d’appeler un projet de société pour notre pays.
Le Congrès des élus arrive donc à point nommé.
Le Congrès est un espace d’échanges (et la présence de membres de la société civile est là pour en attester). Mais je veux nous mettre en garde contre toute tentation de palabrer. Je crois profondément que ce débat doit sortir de ces murs, pour discuter, consulter, échanger en direct avec le terrain .

Mais quelle est la finalité de la définition d’un projet de société ?
De notre point de vue, il ne s’agit pas de se mettre d’accord sur tout, c’est-à-dire sur rien. Il ne s’agit surtout pas de se mettre d’accord sur ce qui relève des choix partisans: ces choix-là relèvent des partis politiques et devront faire l’objet de l’offre électorale que, le moment venu, les compétiteurs feront quand ils s’aligneront dans leur couloir pour courir

De notre point de vue, il s’agit ici et maintenant de rechercher un consensus autour des valeurs sur lesquelles nous voulons asseoir notre société guadeloupéenne. Et quelles sont-elles ?
Si l’on prend en considération notre histoire commune et les éléments constitutifs de notre culture, des mots clés surgissent :
- La dignité inhérente à l’espèce humaine et chèrement conquise par nos ancêtres.
- la tolérance nécessaire pour accepter les inévitables différences au sein de notre peuple multiracial et multiculturel.
- La responsabilité pour laquelle nous luttons encore et qui peut très bien fonctionner en tandem avec la solidarité sans laquelle une société s’émiette en de multiples égoïsmes.

Dans l’optique qui est la notre, la responsabilité, qu’elle soit individuelle, collective ou institutionnelle doit donc être placée au centre du projet.

En effet, au-delà des grandes orientations et des schémas de que nous pourrions proposer, c’est la valeur(je parle de la responsabilité) qui, selon nous, permet de lier chacun de ceux qui composent la société guadeloupéenne. D’autant qu’elle n’est ni de droite, ni de gauche…(C’est pourquoi à la notion de projet pour la Guadeloupe, je préfère celle de projet pour les Guadeloupéens car chacun des citoyens doit être le socle de ce projet et doit pouvoir se l’approprier).
Je crois également qu’une société dans laquelle chacun se reconnaît en tant pierre de l’édifice social est nécessairement et naturellement solidaire mais plus encore digne.
Ces valeurs de responsabilité, de solidarité et de dignité peuvent s’exprimer par de petits gestes, comme celui qui consiste à mettre son papier à la poubelle pour ne pas encombrer le trottoir en prenant conscience que la rue est un espace commun et que si chacun est responsable de son papier, alors tout le monde bénéficie d’un espace propre. Le slogan  » la gwadloup sé tan nou » doit en effet trouver aussi son expression dans les gestes d’une démarche citoyenne au quotidien
Je plaide pour que nous nous pénétrions de l’idée que, dans une société, le comportement de chacun n’est pas neutre pour la collectivité.
Et les marchés populaires qui se sont organisés durant les 44 jours de grèves que nous avons connus démontrant à mon sens que la société guadeloupéenne porte en elle les ressources pour développer cette solidarité responsable dont je parle.
Dès lors, la question qui se pose est : comment créer les conditions pour permettre à ces additions de responsabilités de s’exprimer pas seulement en temps de crise mais tous les jours ? C’est là la démocratie participative que nous prônons et qui n’est pas antinomique (loin s’en faut) avec la démocratie représentative que les institutions de la République envisagent. Et on revient effectivement à la notion de responsabilité que doivent assumer les uns et les autres, chacun étant à sa place : les élus en exerçant leur mandat ce qui suppose qu’ils fassent des propositions, les organisations syndicales aussi en mettant la pression nécessaire mais sans surenchère inutile, les citoyens en émettant les signaux nécessaires au progrès de la société….

Enfin, la cité étant la racine étymologique du terme « », nous ne pourrons faire l’économie d’une réflexion sur la forme que prendrons les institutions autours desquelles se structurera notre société.
Du point de vue du citoyen, cela fait 20 ans, qu’il a le sentiment d’évoluer dans un système institutionnel du « passe à ton voisin » : là ce n’est pas la commune, mais le département qui est compétent, ici ce n’est ni l’un ni l’autre c’est l’Etat, et un peu plus loin c’est la région. Autrement dit, c’est le règne de l’irresponsabilité institutionnalisée où le citoyen a le sentiment d’être le yoyo des institutions.
Aussi, demandons-nous quelle société nous voulons, et avec quel type de rapport entre les individus. Et ce faisant, nos institutions révèleront d’elles-mêmes leurs propres carences, car certaines questions du présent ne peuvent trouver de réponses pérennes sans une vision globale de l’avenir, les institutions étant par ailleurs le miroir d’une société.
Basse-Terre, le 24 JUIN 2009
Rassemblement pour une nouvelle Démocratie (R.N.D.)
Georges BREDENT


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