Accueil >> Dossiers de presse >> Motivations et Commentaires
Envoyer Imprimer

Motivations et Commentaires

Cette note ajoutée à mon C.V., a pour but d'expliciter certaines lignes de ce CV, sur ma démarche, mon parcours politique, sa cohérence dans le temps.

Je suis née d'un père maçon-cultivateur d'une mère sans profession déclarée ayant partagé son temps entre vente des produits agricoles et l'éducation de ses neuf enfants dont je suis la 5ème.

Chacun de nous a profité soit d'un apprentissage soit d'études secondaires puis universitaires.

Mon père a été toute sa vie un homme de gauche actif (candidat au Conseil Municipal d'Ajoupa-Bouillon - militant syndicaliste agricole). Ma mère à ses côtés a partagé tous les combats, ils m'ont soutenu dans toute ma démarche politique.

A partir de 14 ans, j'ai eu à assurer l'organisation de ma vie matérielle pour poursuivre mes classes au cours complémentaires de Saint-Pierre, puis au lycée de jeunes filles à Fort de France ou en 1958 j'ai passé le baccalauréat série sciences expérimentales. Fin 1959, j'ai gagné Bordeaux pour des études de sciences naturelles et là mon militantisme citoyen s'affirme, et depuis n'a jamais cessé.
- Militante avec les étudiants martiniquais (AGEM) guadeloupéens et guyanais (dans l'AGEGAB), j'ai vécu tous évènements de l'O.J.A.M (61-63) auxquels Renaud de Grandmaison, qui deviendra fin 1963 mon mari, était impliqué. Ayant passé le CAPES, avec mention bien, après bien des difficultés liées à ce militantisme, je suis finalement nommée comme professeur à la Martinique (Lycée technique de Fort de France puis Lycée de Bellevue (1966-1969).
- Inspecteurs, proviseurs ont jalonné de leurs appréciations élogieuses un parcours professionnel qu'ils ont reconnu en tout point remarquable.
- Mon engagement professionnel a dès le départ été doublé d'un engagement citoyen fort.
- Engagement dans la vie associative avec une adhésion à l'A.E.P. Association d'Education Populaire de Sainte-Thérèse, gestionnaire d'une crèche et d'un foyer de jeune travailleur dont j'ai assuré avec efficacité la présidence et mené à bien la construction des locaux.
- C'est également le début de la mise en place de la Galerie de Géologie et Botanique de la ville de Fort de France que j'ai fait évoluer vers le statut de Muséum et pour lesquelles j'ai établi un plan de développement qui j'espère verra le jour. Sans oublier la participation avec d'autres à la création de l'AMEP (Association Martiniquaise d'Education Populaire) qui aujourd'hui est devenue ce magnifique outil d'éducation que l'on connaît.


Entre temps c'est l'engagement politique

- Avec l'adhésion formelle au PPM (1967) Balisier des Terres-Saint-Ville où j'habite alors.
- L'engagement communal avec un travail intense à l'Ajoupa-Bouillon, la rénovation du bourg du village avec le soutien logistique de la ville de Fort de France la représentation efficace de la commune au SIVMANO...
- L'engagement Régional avec tour à tour des responsabilités dans tout les secteurs, et la même efficacité sur les dossiers confiés, des dossiers individuels, des dossiers d'associations mais aussi d'importants dossiers d'intérêt régional :

• L'Ecole d'Art.
• Le Bureau du Patrimoine
• L'A.R.D.T.M l'Agence Régionale de Développement du Touristique de la Martinique
• Le Musée Régional d'Histoire et d'Ethnologie
• Le PNRM dont j'assure plusieurs années la vice-présidence et pour lequel je jette les bases d'une restructuration, combattue par des forces rétrogrades avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui.
• La Formation Culturelle(Bourses régionales pour les Arts
• Le Fonds Régional d'Art Contemporain
• Le grand dossier de l'Archéologie de Saint-Pierre et depuis 2003 l'aboutissement du dossier d'inventaire général du patrimoine martiniquais.
• Les équipements culturels au niveau communal sous l'égide du Conseil Régional (1983- 1992)

- L'engagement communal a toujours été soutenu par de vrais programmes, très modernes, voir même d'avant garde tout en restant marqués de bon sens et d'humanité (programme des élections municipales et cantonales).
- J'ai fait évoluer les mentalités rurales :

  • prendre conscience de l'identité et de la notion de terroir
  • fait émerger l'esprit d'initiative
  • popularisé une pratique intercommunale
  • incité les populations du Nord à se réapproprier leurs richesses.
  • fait passé la notion de développement local et sur les 20 dernières années ai largement contribué au développement de l'emploi, depuis 1989, le SIAB ( Syndicat d'Initiative d'Ajoupa Bouillon) et le Sentier Botanique et Floral les « Ombrages » emploient entre 14 et 17 personnes.
  • l'administration du Pays d'Accueil Touristique du Plein Nord Martinique (PATPNM), le fonctionnement du territoire ont créé un potentiel de 8 emplois innovants : Assistant Technique, Agent de développement, Agent de la qualité, Animateur du territoire. Une formation de Guides de Pays en cours.


Sur le plan purement de la formation en politique

La conduite de listes aux élections municipales et cantonales avec tout ce que cela implique :

  • de choix d'une stratégie
  • de mise en place d'un plan de campagne
  • de création de réseaux
  • de coordination active et de cohésion a été une bonne école.


- 1996 Présidente du Comité de Bassin de la Martinique 33
membres de tous les horizons en rapport avec l'eau et ses usages, j'ai mis en synergie les deux Assemblées Conseil Régional et Conseil Général, sur cette structure.
- 1999 Réélection à la Présidence du Comité de Bassin avec
la responsabilité de l'élaboration du SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) pour la Martinique. « Travail conduit avec méthode - intelligence et ténacité à la satisfaction des Institutions et de l'Etat » .
Un vrai outil de gestion et d'organisation de l'eau pour la Martinique sur les 15 ans à venir. Il s'en est suivi la présentation à de nombreuses reprises du SDAGE à l'étranger et à diverses organismes à la Martinique, me faisant du même coup acquérir une audience internationale dont les retombées pour la Martinique se feront sentir dans ce mois de juin 2003, (tenue à la Martinique du Bureau du Réseau International des Organismes de Bassin- RIOB).
Janvier 2003 j'ai été réélue à l'unanimité moins une abstention à la présidence du Comité de Bassin pour la mise en œuvre du SDAGE avec l'outil exécutif qu'est l'Office Départemental de l'Eau.

Presque au terme de mon parcours :

Je n'ai point oublié la cause des Femmes et en 1998 je faisais une proposition d'organisation des Femmes aux travers d'une association et d'un organe d'opinion.
« Voix de Femmes »
qu'aujourd'hui je reprends après avoir fait du travail des Femmes le thème de la 14ème édition de Convergence., manifestation inter- communale à caractère sportif, culturel économique se voulant dynamisante pour les communes rurales du Nord.

Quelle leçon tirer de tout cela ?

Mon parcours a été épanouissant et formateur. Ces trois dernières années le débat sur l'évolution institutionnelle de la Martinique m'a permis à la fois d'approfondir la vision de Césaire, de notre évolution et de mesurer toutes les difficultés d'assurer des responsabilités dans le carcan législatif et surtout administratif français. Voter des lois en général, cela tout en étant prestigieux n'a rien de suffisant en soi au regard de notre situation de peuple en tutelle. Il convient aujourd'hui que nous avancions dans le processus de prise et d'exercice de la responsabilité pour cheminer « au pas du peuple vers l'autonomie ». Pour cela il faut créer les conditions de mise en oeuvre des compétences que nous autorise la décentralisation et la perspective de l'Assemblée Territoriale de la Martinique, à ne pas désespérer, un jour ! oeuvrer pour obtenir tous les ajustements législatifs et administratifs nécessaires pour l'évolution de notre pays, à la concrétisation des décisions prises par les acteurs politiques et socioéconomiques. Aboutir s'il le faut selon moi à un véritable audit du fonctionnement de l'Etat à la Martinique singulièrement, de manière à lever les entraves de toute nature qui font obstacle au développement sans oublier un inventaire des textes désuets constituant eux aussi de véritables freins à nos avancées.

Cela peut paraître utopique, mais cela doit être une préoccupation d'une équipe de parlementaires conscients de la nécessité de ce travail d'inventaire qui nourrira nos revendications et pourra être le fait de nos juristes, de nos étudiants, l'objet « de commandes » de nos exécutifs, bref, un vrai chantier législatif auquel je souhaite apporter tout mon soutien et ma contribution.


En soutenant l'entrée des Femmes en politique, le Parti Progressiste Martiniquais s'inscrit dans une réelle modernité quant aux Femmes, à leur acceptation comme actrices incontournables à tous les niveaux de la vie citoyenne, sociale, économique, culturelle de notre Pays. Il faut donner à nos Jeunes des références et de mon humble avis l'enfant que j'ai été, la Femme que je suis pour beaucoup de familles martiniquaises, représente l'image du possible.

En résumé :
Je n'ai pas fait de la figuration politique. J'ai travaillé, mené des combats que je n'ai pas toujours gagnés, mais j'ai respecté une éthique politique, et assumé ma conduite en toutes circonstances.
Mon engagement politique a comporté aussi bien du travail concret que de la réflexion supportée par une vision prospective débouchant sur des propositions à l'échelle d'une commune, mais aussi d'une sous région, le Nord, mais aussi du PAYS Martinique en matière :
- de tourisme
- de culture
- d'aménagement du territoire
- d'éducation
- de formation professionnelle
- d'insertion sociale.

C'est avec un réel état d'esprit de service, et de contribution à la promotion de la Femme Martiniquaise, au développement harmonieux solidaire et durable de notre Pays, que j'exercerai toutes les responsabilités qui me sont confiées.


Mars 2003
Madeleine de Grandmaison