Madeleine JOUYE de GRANDMAISON : Ce que je trouve important, et qui a marqué un tournant, c'est la prise de conscience de la population, c'est la réactivité des associations de protection de l'environnement, c'est une manière de mobilisation générale, y compris des politiques, pour que notre île, particulièrement fragile comme écosystème, soit préservée et garde un certain cachet, une authenticité. Ceci concerne le patrimoine maritime aussi bien que côtier. Nous sommes une île avec une mangrove, une forêt inondée extrêmement intéressante comme pépinière de vie, nous avons un littoral attractif (tout en sachant que le tourisme, que je défends par ailleurs, conduit à être vigilant parce qu'il peut être ravageur sur une île). Et puis il y a également notre caractère d'île agricole qui, avec la modernisation de l'agriculture, est extrêmement menacée dans la qualité de ses eaux comme dans celle de ses paysages. Donc cela nous a beaucoup inquiété. Mais, à l'heure actuelle, il y a un mouvement, une mobilisation qui font que j'ai bon espoir de voir les choses se stabiliser dans le bon sens.
Des Organismes de Bassin
Le Bassin versant: Il est conventionnellement retenu aujourd'hui que les Bassins Versants sont des territoires naturels où l'eau s'écoule en surface, comme dans le sous sol, quelques soient les frontières et les limites nationales ou administratives traversées.
Parce que l'eau est déterminante pour toutes les activités humaines liées à la vie et au développement, sa gestion peut être source de conflits d'usage de toute nature et de toute intensité. La France a été l'un des premiers pays à choisir une gestion intégrant toutes les activités dans un équilibre compatible avec les besoins des différents acteurs et du milieu, sur ce qu'il est convenu d'appeler un Bassin Versant.
La loi sur l'eau en 1964 a crée en France une instance de gestion du Bassin Versant : Le Comité Bassin
40 ans de retard ! Sur une gouvernance organisée de la ressource en eau, en réalité encore plus que l'on ne dit ici.
sont les territoires pertinents pour organiser
une gestion participative des ressources en eau,
et des milieux aquatiques. »
2004 - 2007 : TEMOIGNAGE D'UNE PRESIDENCE
Après plus de trois années passées à la présidence du RIOB, que vous avez, avec audace, bien voulu me confier en Janvier 2004, et au moment de passer le flambeau à nos amis hongrois, je voudrais vous dire combien ce parcours m'a fortifiée : Présidente du RIOB, je n'ai hésité devant aucune distance, aucune fatigue, car tout en reconnaissant l'honneur qui m'était fait, j'ai dès les premiers instants, considéré que c'était pour moi un engagement à servir, à entraîner les autres, et aussi l'opportunité de m'enrichir du contact de « gens » d'expérience, de connaissance et de cœur.
Il m'a aussi semblé que le Président se doit de connaître la réalité des problèmes liés à l'eau dans les pays qui ont fait le choix d'adhérer au RIOB, qui en applique les principes et qui en font surtout sa réalité concrète.
Dans cette situation, un Président ne peut qu'augmenter son expertise et devenir un vecteur éclairé de l'idéal du RIOB : la Gestion Intégrée de la Ressource Eau par Bassin versant, fondement de notre réseau.