3e RÉUNION RÉGIONALE DE L'ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE PARITAIRE ACP-UE : CARAÏBES
24 au 27 février 2009
GEORGETOWN - GUYANA
Madame, Monsieur les Présidents,
Chers collègues parlementaires des ACP
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Je remercie le Gouvernement de la République de Guyana de son accueillante hospitalité.
Je remercie la présidente de me donner la parole.
Je le répète, c'est avec beaucoup de gravité que je participe à cette 3ème Réunion Régionale de l'Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE Caraïbes, au moment où les îles françaises RUP de l'Europe sont engagées dans une lutte sociale empreinte de désespoir.
Je ne puis que reconnaître l'effort de l'Union Européenne depuis plusieurs années pour mettre à flot nos économies. Cependant, aujourd'hui les populations sont révoltées devant la cherté de la vie, et la baisse significative des salaires.
Beaucoup de paramètres rentrant dans la composition des prix à la consommation, définissent par ailleurs la notion d'Ultrapériphicité. Ce sont ce que l'on appelle les handicaps structurels.
Handicaps par rapport à quoi ? et par rapport à qui ?
* L'éloignement ! par rapport aux anciennes métropoles et par rapport à l'Europe. Mais beaucoup de RUP sont au cœur de bassins de vie : huit heures d'avion de la France pour les RUP de l'Atlantique, mais pour la Martinique par exemple, elle est à :
1h 30 d'avion de la Barbade
¼ d'heure de Sainte Lucie
3 heures de Cuba
2 heures d'Haïti et j'en passe...
* Exiguïté du marché !
Ces RUP sont parmi 35 millions d'habitants
40 Pays diversement riches étalés sur 2.64 millions de Km²
Dépendance vis à vis d'un petit nombre de produits :
c'est le résultat de siècles d'agriculture orientée, et de rente, tournée vers la satisfaction des métropoles respectives
Relief et climat difficiles : c'est le lot de nombre de pays qui se sont pourtant développés
Arrivons au commerce : un commerce de tout temps marqué par le sceau de l'exclusif : commercer avec sa métropole ! relation verticale, un transport sous pavillon exclusif (monopole) aujourd'hui le fret vers les RUP sont parmi les plus chers du monde.
Utra-Periphérique face au Cariforum : pourquoi pas dans ce bassin caraïbéens : un marché intra régional ?
Pourquoi pas une ouverture du ciel et un transport aérien fluide ? Vous avez fait l'expérience à petite échelle de ce que c'est de voyager dans la Caraïbe ? De la Martinique j'ai mis 3 h, escales comprises à arriver ici, je mettrai 22 h à y retourner.
Voilà la réalité !!
Au moment où la Comité Européenne a le souci de sortir les Caraïbes dans leur retard de développement et établi avec cet ensemble des Accords de Partenariat Economique ayant pour objectifs :
- La libération des échanges
- L'ouverture des marchés
- L'intégration régionale
Les Régions Ultra Périphériques caraïbéens ne sont pris en compte que pour devenir une partie du marché ouvert au CARIFORUM.
C'était, c'est le moment de réduire tous les handicaps structurels des RUP de la Caraïbe, de les intégrer (faciliter leur intégration) dans leur ensemble naturel, de faire jouer la complémentarité des économies, la libre circulation des personnes et des biens.
Le moment de promouvoir la culture dialogue entre les peuples, la formation, la coopération, l'échanges des services, la gestion en commun de l'écosystème marin, bien commun aux caraïbéens, le moment de faire tomber la barrière des langues ! et, préparer ainsi, afin que les RUP (à corriger) puissent voler de leurs propres ailes et s'engager dans un rapport gagnant-gagnant pour la Caraïbe, pour l'Europe, et pour eux, en ayant alors la capacité d'exploiter leurs richesses et atouts.
J'ai lu les APE en français, il n'est pas nommé une fois les mots RUP ou Martinique, Guadeloupe, Guyane. J'ai vu la carte de la Caraïbe les illustrant, les situant même pas comme repère, ne sont nommés Martinique, Guadeloupe, Guyane sur ces cartes. L''européen ayant en main cette carte et ses accords ne saura pas que géographiquement là où se trouvent ces trois pays, dont un qui est loin d'être une île. Maintenant pour l'analyse fine de ce qui a été refusé aux RUP, la Commission Développement a eu l'amabilité de recevoir le texte qui résume le point de vue des Conseils régionaux de ces pays, je souhaite qu'il retienne toute votre attention.
Maintenant que je dise aux caraïbéens et Guyanais, de ne pas voir de notre part une attaque, un grief envers eux, mais de constater qu'une fois de plus nous sommes pris en otage par le commerce international et que de ce fait nous risquons de passer à côté d'une rendez vous, celui du Co-Développement.
Guyana, le 24 mars 2009
Madeleine de Grandmaison
Députée européenne.

