Sainte Marie le 25 octobre 2008
Il y a pratiquement un an jour pour jour, le Président VERGES me passait le relais après avoir mené un vaillant combat sur principalement trois axes :
• Le changement climatique qui porte en un germe, la désorganisation de nos îles entre autre.
• La réforme de l'Organisation Mondiale du Commerce O.M.C, nos produits : sucre, banane, étant pris en otage dans un marchandage mondial où nos intérêts sont sacrifiés.
• En 3ème axe, la défense des RUP ( Régions Ultra Périphériques) dont nous sommes.
Avant d'aller plus loin, pour que tout soit bien clair pour chacun, et pour bien nous situer dans l'économie Européenne et Mondiale, je vous dirai que la Communauté Européenne compte aujourd'hui 27 membres, dont trois qui ont des anciennes colonies. Ce sont :
1. La France
2. L'Espagne
3. Le Portugal
Ces anciennes colonies sont loin de leur métropole comme on dit, et ce sont aujourd'hui pour l'Espagne et le Portugal de îles autonomes ou à statuts spéciaux pour la France ; il s'agit des Départements d'Outre Mer : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion. Les autres anciennes colonies françaises ont acquis des statuts différents, Territoires d'Outre Mer, ou Pays d'OM et généralement dénommé PTOM - Pays et Territoires d'Outre Mer.- ce sont Mayotte, Wallis et Foutouna, Nouvelle Calédonie, Saint Pierre et Miquelon. Elles ne sont pas qualifiées d'Ultra Périphérique, elles sont associées à l'Europe différemment.
Revenons -en à nous.
Le Président Paul VERGES, fidèle à l'esprit de solidarité de la liste Alliance pour l'Outre Mer, m'a passé le flambeau après avoir gagné de grandes victoires, que je détaillerai lors d'un atelier ou d'une causerie plus large.
Je suis arrivée en pleine année de tourmente
• Négociation de l'OCM banane
• Accord de partenariat économique avec les Pays d'Afrique Caraïbe Pacifique : Les A C P.
Nous, étant concernés par les pays de la Caraïbe :
• Menace sur l'octroi de mer, impliquant une vigilance permanente ; l'octroi de mer faisant simplement l'objet de mesure provisoire.
Toutes ces questions et bien d'autres encore m'ont occupée, particulièrement celles que j'ai citées, car elles pèsent sur notre économie. Bien d'autres pèsent tout simplement sur notre développement en termes de retard sur :
? Les équipements : routes- écoles- aéroports, hôtels, hôpitaux, aménagements urbains, ruraux.
? Le développement ; c'est à dire d'avancées sociales, de progrès
Education, Culture, Formation,
Développement commercial, agricole, artisanal, touristique....
Et là, la menace est sur l'accès aux fonds structurels au delà de 2013.
Je ne vais pas développer ce matin tout ce que j'ai pu faire dans cette courte année. J'ai essayé de garder ce lien avec vous en réalisant un petit journal - c'est bien peu !-, mais je veux vous dire aujourd'hui, c'est de bien prendre conscience que l'Europe pour le meilleur et le pire est au cœur de la vie de notre pays, (7, 8 milliards d'euros de 2007- 2013) pour les RUP.
Aimé Césaire n'a pas voulu cela pour nous, mais nous n'avons pas été consultés aujourd'hui l'Irlande consulté a pu dire NON !
Nous, nous y sommes ! Faisons donc entendre nos voix pour des ajustements nécessaires à nos singularités ; ce d'autant plus, que rien n'est jamais acquis, nous sommes constamment sous la menace.
En effet, de l'OCM, sucre banane, qu'en sera t-il au delà de 2013 ?
? De l'octroi de mer qu ‘en sera t-il à l'horizon 2014 ?
? Des APE, quelle information ? D'autant que la meilleure information serait nécessaire pour l'adaptation de nos entreprises.
? Quel accompagnement de ces APE traités avec les îles de la Caraïbe ?
L'Europe dit viser pour nous :
1. L'accessibilité de nos pays pour la circulation des hommes et des biens. Mais pour cela quels transports ? Quel visa ?
2. La compétitivité ? Alors quels aménagements fiscaux efficaces ?
3. L'intégration Régionale ! Quelles facilités pour :
? les échanges culturels,
? l'étude des langues,
? la flexibilité des communications ?
Sur un plan plus large France- Europe.
Qu'en est -il d'un vrai dispositif d'activité des fonds de solidarité lors des catastrophes naturels ?
Comment faire admettre la nécessité d'étude d'impacts sociaux et environnementaux de ce que pourraient être les conséquences de la suppression de dérogations quant à la commercialisation de nos produits ?
Comment faire prendre en compte les recherches nécessaires sur le chloredécone qui a empoisonné nos terres par exemple ?
En bref, comment faire admettre la différence entre rattrapage et développement ?
Entre assistance et partenariat ?
Alors que l'on ne me dise pas que c'est avant tout un problème Franco-Français ! Dans ce cas, faisons au moins savoir à l'Europe les manquements à notre égard de la France, nation membre et, surtout mettons la France et l'Europe en demeure de nous assurer les cinq libertés que Aimé Césaire a considérées comme indispensable pour la survie des martiniquais.
1. Liberté commerciale. Cela peut-être les APE avec les Caraïbes.
2. Liberté douanière : l'octroi de mer pérenne, et possibilité d'autres taxes.
3. Liberté économique, soutenir notre économie comme nous le voulons actuellement par exemple soutenir notre agriculture vivrière pour tendre vers l'autosuffisance alimentaire, nourrir nos touristes.
4. Liberté culturelle : une éducation largement marquée au sceau de notre identité (créole-esclavage - histoire)
5. Liberté politique. A l'instar des Provinces Espagnoles, des Régions allemandes, des Régions Italiennes, des Îles Portugaises (Açores et Madère), Espagnoles (Canaries), toutes les îles Ultra Périphériques, cependant Autonomes.
Pour nous, l'autonomie dans un grand ensemble français.
L'Europe, après avoir pillé le Sud, a dénoncé les accords de Lomé, puis de Cotonou pour en arriver aux AEP, quand des programmes structurels ont fini d'installer famine et pauvreté dans ces pays.
Nous ne devons pas baisser les bras.
Envoyer des représentants au Parlement Européen, c'est faire entendre nos voix, c'est nous trouver au cœur du système et en comprendre les mécanismes pour mieux nous défendre.
Dites le autour de vous.
Préparons juin 2009.
Césaire en 1958 a dénoncé le :
Marché Commun
Aujourd'hui, ce Marché Commun est devenu un impérialisme commercial mondial, mettant à sac les économies et les sociétés.
Dans ce contexte, qui n'est qu'une autre forme de colonisation par rapport à la France, nous sommes sur un coin de table, un strapontin.
Une bonne intelligence, nous ferait être traité comme des enfants devenus adultes, qui prennent leur ménage en gardant tous les liens parentaux et, ce qu'ils impliquent comme solidarité, humanité et responsabilité.
C'est cela l'autonomie.
Nous avons un pays à construire dans un monde en plein bouleversement. Notre situation nous impose la convergence de nos efforts, la mise en commun de nos moyens et, surtout de suivre la recommandation suprême.
Gardons nous de toute division.
J'ajouterai pour finir, que ma présence au Parlement Européen ne m'éloigne pas des problèmes et préoccupations de la Martinique. Une responsabilité sert l'autre. C'est simplement quelque fois lourd.
Je compte sur vous, sur l'indulgence et le soutien de chacun, de chaque martiniquais que j'exhorte à ne pas perdre de l'énergie en veines querelles.
Madeleine de Grandmaison.
Le 25 octobre 2008
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