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Texte du 26 mars au PPM

CRISE POLITIQUE, VOIX DE FEMMES

Après deux ans de luttes intestines au cours desquels certains ont été acteurs, d'autres spectateurs, le moment du bilan est venu, et pour chacun l'heure du choix. Il est évident que le bon choix dans le contexte mondial et plus spécifiquement dans le contexte martiniquais tant sur le plan économique, social que culturel, le bon choix eut été celui
de l'unité des forces progressistes,
pour conduire la Martinique vers le développement et la modernité.

Notre degré de maturité ne semble pas être suffisant pour que ce choix se soit imposé ; alors il nous faut faire avec : nous contenter de quelques individus, Femmes et Hommes-pont ; liant dans un milieu dispersant. C'est dans cette catégorie que je me range.

 

Il n'est pas de mes habitudes de déserter un camp avec armes et paquetages, je ne déserterai pas le camp-Martinique, demandeur de logements, d'emplois, menacé par la drogue et victime de consommation débridée.
Je ne déserterai pas le camp-Martinique où la femme n'a pas part aux décisions qui régentent sa vie et celle de ses enfants.

Depuis 1983, au Conseil Régional j'assume en temps que membre du Parti Progressiste Martiniquais (PPM) des mandats que vous, peuple de la Martinique, m'avez confiés.

Aujourd'hui les forces progressistes sont dans la tourmente, je ne suis pas sans griefs à leur égard et singulièrement à l'égard du PPM, mais je crois que cela ne m'autorise pas à ne pas vous rendre compte et opter purement et simplement pour un camp ou pour un autre.

Je conduirai les missions qui m'ont été confiées jusqu'au bout. Je respecterai l'esprit dans lequel j'ai conduit une liste aux Elections Régionales et, dans cet ordre d'idée, j'envisage de réunir mes co-équipiers pour toute explication nécessaire à la clarté de mon comportement.
Au travers de la liste des Elections Régionales, j'ai partie liée avec le Parti Progressiste Martiniquais, avec la société civile et plus largement avec mes électeurs ((43170 voix). Pour tous ces partenaires, je resterai dans l'état d'esprit de ma candidature, et je rendrai compte chaque fois que nécessaire.

En congé du PPM dont je n'ai pas démissionné, je ne me crois pas dispensée d'assumer les obligations liées à mon mandat de conseillère régionale soit, essentiellement assurer le succès des éléments de programme et les avancées des projets compatibles avec les options du PPM sur le développement de la Martinique.

Dans un consensus exemplaire, le Conseil Régional et le Conseil Général au travers de leurs Présidents respectifs, m'ont confié la mise en œuvre de la politique touristique de notre pays. Je m'y emploie et m'y emploierai sans exclusive de concours, et il y en a bien besoin, en visant la satisfaction de tous.

Depuis maintenant bientôt dix ans la Martinique consensuellement, par la voix de ses différentes composantes (élus, associations, acteurs économiques, usagers de l'eau...) m'a élue présidente du Comité de Bassin, structure organisant et planifiant la gestion et la gouvernance de l'eau, ce bien précieux. Là aussi, c'est avec une conscience aigue de ma responsabilité, dans le respect de chaque élément de cette assemblée composite, dans le souci permanent d'un fonctionnement harmonieux que, sans grands moyens j'essaie de donner le meilleur de moi-même pour la satisfaction de nos besoins et la préservation des intérêts des générations martiniquaises futures.

Chers concitoyens, vous comprendrez que pour mener toutes ces tâches et celles qu'assument les autres, il faut toute la force de l'Unité ; à défaut il faut des individus maintenant des passerelles, assurant les liens nécessaires à toutes continuités constructives, des individus au dessus de toutes divisions.

J'ai deux raisons fondamentales de choisir de rester hors division, à l'entière disposition de la Martinique.
• La première est à la fois la diversité et la cohérence de mon parcours
• La deuxième, et non la moindre, ma qualité de Femme pratiquant qu'on le reconnaisse ou non, la politique au féminin avec un discours pragmatique sous le signe d'une recherche permanente de l'amélioration du quotidien des Martiniquais.
Cohérence de mon parcours, jalonné de combat pour :
L'éducation, la nature, la culture, l'épanouissement de la jeunesse, la sauvegarde et la promotion de notre patrimoine, les droits des Femmes, la promotion des Femmes noires dans le monde et ceci, hors tout esprit de clan.

J'ai fait de la parole progressiste ma religion civile, d'Aimé CESAIRE, mon flambeau en toute simplicité. Aujourd'hui, si «des bouts» de sa parole sont au cœur de deux clans qui s'affrontent, je choisis de servir la « grande Parole », la vraie pensée de Césaire et les actions qu'elle fonde. Le moment viendra où je serai certainement amenée à un choix fonctionnel plus catégorique.

Ces derniers temps et même je dirai de tous temps, le monde politique singulièrement le Parti Progressiste Martiniquais m'a difficilement « fait une place » considérée toujours comme une personne un peu dérangeante car, libre et rebelle à l'instrumentalisation, lot, généralement attribué aux Femmes.

Après 45 ans de militantisme, de vie associative, je me crois dépositaire d'une expérience, d'un savoir-faire, d'une expertise et surtout d'un capital confiance dont m'a doté le peuple. C'est tout cela qui fait que je me sens obligée de transmettre dans des conditions d'objectivité et de liberté incompatibles avec l'esprit de clan et encore moins avec de surcroît la pression d'une suspicion de prendre la place de tel ou tel jeune.

La Martinique me trouvera autant que de besoin pour porter les projets riches de promesses pour le développement du pays, pour la conscientisation de notre jeunesse, pour notre inscription dans le monde ; ce que je fais déjà un peu quand, choisie par la Communauté Internationale de l'Eau, j'assume la présidence du Réseau International des Organismes de Bassin (le RIOB)

Femme d'entre les femmes, j'ai choisi de ne pas me laisser instrumentaliser. Dans ce « choc » entre hommes, j'observe que l'avis des femmes n'est pas demandé, ni même retenu et vous l'aurez remarqué le discours n'est point serein. L'appétit du pouvoir des uns explosant au détriment de la recherche de réponses adaptées à la situation.

De ce constat, j'appelle les Femmes (52% du pays) à la vigilance, au militantisme pour que nous occupions toute notre place dans une société que nous devons conduire à la modernité.

Aimé Césaire qui a tout dit, a dit entre autre aux filles du pensionnat colonial en juillet 1945. "Nous sommes passibles de la même justice qu'au tribunal du monde, nous sommes redevables des mêmes responsabilités et que dans la grande embauche de l'œuvre universelle, nous sommes bénéficiaires des mêmes qualifications. Eh bien, mesdemoiselles, c'est pour tout cela que j'ai accepté de prendre la parole devant vous, pour vous dire une chose infiniment plus grave, une chose qui vous appartient, à vous plus qu'à toutes autres d'entendre que nous avons sur les bras une civilisation à refaire".

Pour ce faire, femmes martiniquaises exigeons :
• L'arrêt des querelles d'individus entretenues par ceux qui font fi des vrais problèmes.
• L'arrêt des petites phrases assassines qui tuent le dialogue et ne s'attaquent pas aux vrais problèmes.
• La disparition de la rancune et de l'esprit de revanche.
Exigeons de tous les protagonistes, l'ouverture claire et nette de travaux nous permettant de nous recentrer sur ce qui constitue nos difficultés communes, afin de dégager un pacte de progrès triennal (2007- 2010).

Comme je le disais au siège en 2004, initions les éléments de relève pour permettre l'effacement des étais, la retraite des guides, il s'agira alors d'un vrai passage de relais tout en intelligence et c'est cela le signe de la maturité de dirigeants.

Je crois rapporter ici fidèlement les souhaits de nombreuses Femmes Martiniquaises «encartées» ou simplement de la société civile, toutes m'ont chargée de rappeler que nous Femmes, nous sommes hier, aujourd'hui et demain la permanence et le changement. Que l'on ne me parle pas d'âge, argument de pauvres d'esprit.

Pour ma part, avec l'aide de Dieu et de tous les Martiniquais, pas un combat que je ne ferai s'il s'avérait nécessaire pour l'avènement d'une Martinique nature, moderne, n'ayant de soucis que de progrès et d'éthique